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16.08.2006

Conseils avant de partir en Inde

Formalités

Un visa est nécessaire pour se rendre en Inde. De plus, le passeport doit être valide au moins six mois après la date de retour envisagée. En France, le visa s'obtient à l'adresse suivante

Une bonne recherche dans Google (France, Belgique, Luxembourg) pour vous donner les sites les plus populaires.

Les bureaux ouvrent à 9h00, le matin mais mieux vaut d'être en avance en raison de l'affluence habituelle. Compter aisément deux heures de temps d'attente. On dépose le passeport, avec deux photos d'identité, un formulaire rempli (on a le temps de le remplir...), et cinquante Euro en espèces.

Le retrait du passeport a lieu le lendemain après-midi, en principe. Il est judicieux d'entreprendre ces formalités au minimum dix jours avant le départ.

Les gens qui vivent en province peuvent demander l'envoi du visa par la poste. Dans ce cas, il faut compter minimum trois semaines. Le plus simple est de se procurer le formulaire en le téléchargeant (format PDF) à l'adresse suivante : http://www.amb-inde.fr/Con_Visa/Visa_Serv.html. Puis envoyer, en recommandé avec accusé de réception, le passeport, les deux photos d'identité, le formulaire rempli, un chèque de 56 Euros et une enveloppe renseignée pour le retour du passeport en recommandé (enveloppes en papier kraft).

Si vous allez au Népal au cours du même voyage, demandez un visa pour l'Inde à entrées multiples.

Le visa d'entrée au Népal peut être obtenu à l'aéroport de Kathmandu, à l'arrivée. Le coût en est de 30 US$.

Prenez le temps de visiter le site officiel du Ministère du Tourisme. Vous y trouverez, entre autres (en anglais), des informations sur un certain nombre de villes indiennes, une liste d'agences de voyages, etc.

Vous obtiendrez des informations sur les visas, formalités, devises, douanes, etc; à .

Habillement

Tous les guides de tourisme conseillent des vêtements légers. C'est bien, mais en hiver, dans le nord de l'Inde et au Népal, il fait fort frais le soir. De plus, les habitations ne sont pas chauffées. N'évoquons pas les régions de montagne (Himachal Pradesh, Uttarachal Pradesh), ou bien quelques stations d'altitude dans le sud (Ooty), où le froid est à prendre en compte !

Evitez le short, surtout les dames, les Indiens sont des gens pudiques. Les dames pourront s'acheter sur place une kurta, vêtement seyant et pratique. Pour les chaussures, les amateurs de de tennis et autres baskets goûteront le plaisir des mycoses aux pieds en raison de la transpiration; personnellement, je pense qu'il vaut mieux porter des sandales ouvertes.

Pour se faire une idée du climat de différentes villes, le temps du jour, et les prévisions météo, allez en bas de cette page en cliquant ici

Respectez les temples : les jambes nues des femmes sont mal vues; quant au short, nous vous le déconseillons absolument... Dans les temples Sikhs, même les hommes doivent se couvrir la tête. Dans les temples Jains, on ne portera, au moins de manière apparente, aucun article en cuir (sac, ceinture, etc. Dans tous les lieux religieux, quels qu'ils soient, on retire ses chaussures et on les laisse à l'entrée sous la garde d'un préposé que l'on remerciera de quelques roupies (2 à 5).

Les dames qui achètent un joli sari en soie et qui ne savent pas comment le mettre, c'est à dire presque toutes, trouveront des conseils à :

Hôtels

Il y en a pour tous les goûts et pour tous les prix. Dans les différents chapitres, nous vous indiquons quelques adresses avec le niveau de confort. Les indications de prix ont été volontairement omises, car les prix ont beaucoup évolué en Inde, spécialement dans les endroits où se concentrent les touristes étrangers.

La réservation à distance (courriel, fax, téléphone) n'est pas acceptée dans les établissements modestes. Dans les grands, on vous demandera souvent de payer à l'avance... Il vous reste la solution de passer par une agence de voyages ou, ce qui est le plus simple, d'arriver sans s'annoncer et de voir s'il y a de la place.

Les formalités d'entrée sont un modèle d'inefficacité. Les hôtels d'Etat font remplir deux documents par voyageur, même si c'est un couple. Quand le réceptionniste vous propose de remplir une partie des documents, confiez lui votre passeport sans hésiter. Il vous gagner du temps et de l'agacement devant ces formulaires dont l'usage ne semble pas évident.

Dans les chambres, inspectez en premier lieu la propreté des draps et des sanitaires : ils reflètent le reste. Ne paniquez pas si vous voyez une sorte de lézard jaune sur un mur qui pousse des petits cris de temps à autre et a des ventouses au bout des doigts : c'est un gecko, animal parfaitement inoffensif qui vous protègera des moustiques dont il fait grande consommation.

Nous notons ici quelques idées à l'usage des voyageurs :

Ne laissez jamais une valise ou un sac non fermé à clé dans la chambre en votre absence. C'est une précaution élémentaire, valable dans n'importe quelle catégorie d'hôtel : le risque est faible, mais ce n'est pas la peine de tenter le diable.
Quand vous êtes dans votre chambre, fermez la porte à clé ou au loquet selon le cas. Tout bêtement parce que des serveurs peuvent entrer à l'improviste, sans frapper au préalable. C'est fréquent.

Dans les hôtels typiquement pour clients indiens, le lit ne comporte pas de drap de dessus, mais seulement un drap de dessous. Il peut être souhaitable de se munir d'un drap léger ou d'un "sac à viande", qui permettra également de n'être pas trop au contact de draps d'une propreté discutable, le cas échéant.

Le lavage du linge, qu'il soit fait dans l'hôtel ou, plus communément, sous-traité à un blanchisseur professionnel (dobiwalla), est manuel, avec des résultats parfois bizarres : ne confiez pas à laver vos vêtements fragiles. Ce n'est pas cher certes (10 Rs par pièce dans les hôtels moyens, 20-30 dans les hôtels plus chics), mais on peut avoir des surprises. Le mieux est de n'emporter que des vêtements solides de coton.

Les lavabos des salles d'eau n'ont pas de bouchon; si vous voulez laver vos sous-vêtements, par exemple, pensez à emporter un opercule de caoutchouc.

Prenez avec vous un ou deux cintres simples (les penderies n'en ont pas toujours) et ils vous serviront pour faire sécher les chemisettes que vous lavez. Accrochez les cintres au ventilateur de plafond, si c'est possible. A la vitesse minimum, ça sèche vite...
Emportez des anti-moustiques ou achetez en sur place : tortillons à faire brûler, plaquettes à chauffer dans un diffuseur branché sur une prise de courant.
Le modèle des prises de courant est semblable à celui qu'on trouve en France; c'est du 220 volts. Prévoyez une prise multiple le cas échéant.

Dans les hôtels modestes, vous pouvez avoir quelque difficulté à obtenir du papier toilette : ayez votre propre réserve ou bien, soyez "écolo" à la mode indienne en utilisant votre main gauche et le petit seau d'eau que l'on trouve à coup sûr dans les toilettes.

Emportez une lampe-torche pour pallier les coupures de courant, fréquentes dans les petites localités (et même des grandes, comme Agra), surtout pendant la période de mousson (les hôtels de haut standing ont un groupe électrogène). Elle vous sera également utile pour visiter les temples ou les grottes rupestres.
Nourriture

Beaucoup d'occidentaux redoutent la nourriture indienne qu'ils estiment trop épicée, et/ou trop risquée au plan sanitaire. Moyennant quoi, ils se privent de grands plaisirs. Fuyez plutot la cuisine dite "continentale", médiocre tambouille "internationale" (ça veut tout dire et rien dire) sans caractère, que l'on sert dans trop d'hôtels aux touristes occidentaux.

Dans le nord de l'Inde, la nourriture n'est pas trop relevée, bien qu'elle incorpore diverses épices. On retrouvera aisément de nombreuses spécialités que servent les restaurants indiens installés dans les villes françaises : poulet tandoori, poulet tikka, agneau sagwala, rogan josh, etc. Essayez des plats végétariens, ils sont délicieux : palak (épinards) panir (sorte de fromage), aloo (pomme de terre) en sauce, etc. Mais n'oubliez pas que cette cuisine, dite moghole, est riche en calories, car elle use abondamment de crème et d'huile. Préférez les chapati ( sur place on dit "roti") aux naan au fromage dont raffolent les français qui vont au resto indien en France. C'est moins cher et moins gras... La nourriture la plus simple, qui ne coûte presque rien, composée de céréales sous forme de chapati et de légumineuses sous forme de lentilles en sauce (daal), est équilibrée et nourrissante. Ne craignez pas de déguster du yoghourt (curd, dahi) qui aura le mérite d'apaiser votre palais.

Dans le sud, la nourriture est nettement plus relevée. Dans les restaurants populaires, le plat complet s'appelle un "thali"; on le sert sur une feuille de bananier ou sur un plateau rond de métal, comportant plusieurs petites coupes. Le serveur les apporte remplis de légumes divers et sauces et sert du riz au centre du plateau. Faites-vous initier au plaisir de manger avec les doigts (après vous être lavé les mains au wash basin) et de connaître dans quel ordre on doit se servir des différents ingrédients. Votre addition restera légère... et vous aurez mangé à satiété car le serveur vous sert autant de riz, légumes et sauces que vous en voulez.

N'abusez pas des desserts : ils sont très sucrés. Esssayez quand même les ras mallai et les gullab jamoun. Ou bien des glaces industrielles. Eh oui ! Faites-vous plaisir avec des fruits achetés dans la rue (car vous aurez peu de chances d'en trouver dans les hôtels !!!) : les bananes sont excellentes; l'Inde est un très gros producteur de mangues, même si elle n'en exporte pas beaucoup.

Donc, si vous pouvez vous passer de viande, vous aurez avantage à manger végétarien. La cuisine indienne végétarienne est délicieuse, et pas chère. Par contre, le steak frites saignant est inconnu, et la viande, bien cuite, se limite généralement à du poulet ou du mouton doté d'os abondants.

Si votre estomac ne supporte plus la cuisine indienne après quelques semaines, vous trouverez, dans les villes, nombre de restaurants qui indiquent des plats "chinois" au menu. Rien de tel qu'un "vegetable chowmein" pour oublier les brûlures du piment.

De bonnes informations sur la cuisine indienne :

Boisson

Les conseils habituels sur l'eau sont valables : ne buvez pas l'eau du robinet. Néanmoins, si vous le faites, rien de grave dans l'immense majorité des cas. C'est moins ridicule que de venir de France avec vos bouteilles d'eau minérale... Si, si, on m'a assuré que des gens le font !!

Si on vous offre un verre d'eau dans un village, ne paniquez pas. Demandez si c'est de l'eau d'un forage (tube well), d'un puits ou de la rivière. Avec de l'eau de forage, en principe pas de problème.

L'eau minérale est vendue maintenant un peu partout, même dans des villages. Vérifiez que le capsulage est complet, car une bouteille vide peut avoir été recyclée. Même vérification au restaurant; il faut que le garçon décapsule la bouteille devant vous. Sachez, en tout cas, que l'eau "minérale", est en fait de l'eau traitée industriellement pour neutraliser les germes pathogènes. Cela n'élimine ni les nitrates, ni les métaux lourds éventuels. Quelques marques sont plus réputées que d'autres.

Hormis l'eau, on trouvera quantité de sodas et diverses marques de bière légère plutôt agréable. Certaines régions connaissent des restrictions sur les ventes d'alcool. Il faut faire avec, sachant que dans des établissements de haut standing, on en trouve quand même.

Dans les grandes villes, des magasins spécialisés vendent des boissons alcoolisées de fabrication indienne, par exemple rhum, whisky et vins. Les alcools importés, quand on en trouve, sont beaucoup plus chers.

Autres précautions sanitaires

Aucune vaccination n'est actuellement exigée à l'entrée en Inde. Si vous souhaitez être tranquillisé, les plus utiles seraient ceux de l'hépatite A et B, du DTAB, de la polio... Vérifiez avec votre médecin.

Les traitements préventifs contre le paludisme peuvent être vraiment utiles dans le sud et dans le nord en été. Mais en hiver, on peut s'en passer pour un court séjour. Dans tous les cas, il est, là encore, préférable de consulter son médecin qui prescrira le traitement approprié.

Les troubles de la sphère digestive sont les plus fréquents parmi les touristes (la turista, ou diarrhée); les causes peuvent tenir au choc thermique entre l'Europe et l'Inde, à la fatigue des déplacements, mais aussi au manque d'habitude d'une nourriture riche et relevée. Ne vous privez pas du plaisir des curries, mais ne mangez pas trop ! Et si ces inconvénients se manifestent, vous aurez eu soin de demander à votre médecin avant de partir des médicaments tels que l'ercéfuril, l'imodium..., qui vous remettront vite sur pied. Si vous êtes souffrant, buvez beaucoup, mangez peu (riz bien cuit, nouilles, yoghourt). Sachez aussi que l'on trouve partout des officines pharmaceutiques qui disposent d'un large choix de médicaments pas chers que l'on peut obtenir sans ordonnance. Emportez la formule de vos médicaments habituels, vous en trouverez souvent l'équivalent local.

Photographies

On peut photographier beaucoup, en Inde. Dans les lieux les plus fréquentés, divers "spécialistes" de la photo touristique vous demanderont une rétribution pour avoir posé : charmeurs de serpents, enfants, vrais ou pseudo "moines errants" vêtus d'une pièce de tissu (dhoti) orange, tout dépend de l'ambiance. En cas de doute, montrez votre appareil photo. Un certain nombre de femmes sont réticentes à être photographiées : elles se cachent immédiatement sous leur voile. N'insistez pas, c'est mal élevé. D'autres en sont ravies. Soyez discret si vous voulez photographier des "bourgeoises"; vous n'apprécieriez pas qu'un quidam étranger vienne mitrailler la vôtre !

Dans les grandes villes touristiques vous aurez, chez des photographes, la possibilité de faire transférer sur un CD Rom les photos de la carte mémoire de votre appareil photo, ce qui vous permet de continuer à faire de nombreuses photos, sans avoir à investir dans de nombreuses cartes. Coût pour un CD Rom (fourni) de 700Mb environ 150 Rs.

Dans les grandes villes touristiques, vous pourrez, dans les "cafés Internet", connecter via un port USB, la carte mémoire de votre appareil photo numérique, ce qui vous permettra d'envoyer, en pièces jointes d'un e-mail, une ou des photos à des correspondants. Attention, cependant, cette procédure peut demander pas mal de temps, car les photos "originales" d'un appareil photo peuvent être lourdes en ko, selon le réglage choisi. Donc longues à transférer.

Si vous n'avez pas encore succombé aux délices et facilités du numérique, emportez de préférence vos rouleaux de diapos au départ de France. Par contre, on trouve aisément sur place, dans les villes, des pellicules de photos papier. Vérifiez les dates de validité. Il est prudent d'enfermer les pellicules dans un sachet en plomb qui les protège des rayons X des aéroports, même si en théorie il n'y a pas de risque. Gardez les pellicules (et vos appareils photos) en bagages cabine.

Au cours des voyages en train (ou en bus), surveillez de près votre matériel, surtout s'il est dans un sac à part facile à voler.

Mendiants et pauvreté

L'Inde compte un milliard d'habitants, le dernier recensement de 2001 l'annonce officiellement. On estime à au moins 300 millions de personnes, les classes sociales aisées ou riches. On dénombre aussi des centaines de millions de gens modestes. Mais incontestablement, le niveau de vie progresse dans le pays. Des études sur ce sujet ont récemment été publiées, qui montrent qu'en sept ans, le nombre de pauvres aurait regressé de 60 millions de personnes, ce qui est considérable.

Les préjugés sur ce sujet de la pauvreté en Inde sont tenaces. Combien de nos compatriotes n'ont-ils de ce grand pays que cette vision réductrice ? L'on ne niera évidemment pas que la misère la plus sordide, la plus choquante, puisse agresser le visiteur non préparé. Mais on constatera aussi que les actions humanitaires largement médiatisées en Europe (Mère Theresa, Dominique Lapierre, etc.) contribuent involontairement à implanter dans l'esprit des occidentaux l'idée que l'Inde est un pays épouvantable...

Sans aller jusqu'à cette caricature, il est certain que l'Inde compte d'innombrables petits métiers urbains, d'innombrables paysans dont beaucoup vivent à la limite de l'indigence. L'Inde est encore largement rurale (plus de 50 % de la population) et l'on dit que le pays aurait six cent mille villages. Quant aux vrais pauvres, en ville comme dans les campagnes, ils sont tellement pauvres que vous ne pouvez imaginer ce dont il s'agit.

Ne vous étonnez pas d'en voir, il y en a. Ne vous étonnez pas non plus d'être sollicité, dans les lieux où les touristes défilent. Mais soyez conscient également que les gens, la plupart du temps des enfants dépenaillés, sales comme des poux, ou de malheureuses femmes affublées d'un bébé chassieux, exercent une sorte de métier quand ils vous harcèlent. Cette mendicité organisée, souvent racoleuse, est irritante et elle présente l'inconvénient majeur d'occulter la misère silencieuse et affreuse de millions de personnes. Réservez surtout votre compassion aux lépreux, parias parmi les parias, ou aux infirmes bien que malheureusement leur état ait parfois été délibérément provoqué.

Vous serez, un peu trop souvent à votre goût, abordé avec insistance par des enfants qui vous demanderont stylobilles, bonbons, chocolat, argent... Donnez à bon escient; certains disent de ne jamais rien donner, car vous contribuez ainsi à transformer ces enfants en mendiants définitifs.

Si votre mauvaise conscience d'occidental vous démange, ne vous dédouanez pas d'une pièce de cinq roupies une fois de temps à autre. Il existe d'excellentes organisations d'aides, où vos dons seront bien utilisés pour nourrir des nécessiteux, alphabétiser les enfants, apprendre un métier permettant aux exclus, tels que les lépreux, de se réinsérer et de trouver enfin un peu de dignité.

Romain